Comment ça va ?

Comment ça va ?

Oui, toi, comment ça va ?


Combien de fois posons-nous cette question avec sincérité, avec l’envie profonde d’entendre et de recevoir la réponse ?


Nous sommes tous adeptes du « comment ça va ? »


Nous pratiquons ce que l’on appelle la « thérapie de trottoir » lorsque nous croisons une connaissance dans la rue, un voisin, un ami et parfois même avec les membres de notre famille. Nous déclamons le fameux « salut ça va ? » puis la plupart du temps nous traçons notre chemin sans même attendre la réponse.


Se poser, prendre le temps de demander comment se sent l’autre, c’est se rendre disponible, se mettre à son écoute et accepter que l’autre nous parle de ce qui va vraiment, où pas.

Se poser, prendre le temps de demander comment se sent l’autre, c’est être dans l’accueil de ses bons comme de ses mauvais moments. C’est être là, en toute sincérité, c’est avoir l’envie d’être cette écoute bienveillante et sans jugement, c’est se sentir prêt à le consoler lorsqu’il va mal et qu’il vous confie ses peines et c’est aussi savoir sauter de joie lorsqu’il vous parle de sa réussite, de ses amours, de ses bonheurs…


Et puis le « comment ça va ? » c’est aussi se sentir prêt à répondre à son tour, avec sincérité et c’est parfois le plus difficile ! car soyons sincères, lorsque nous nous mettons un temps soit peu à l’écoute, lorsque nous prenons le temps de tendre l’oreille, d’entendre sa réponse, qu’elle soit joyeuse où non, en principe, nous avons droit à « et toi, comment ça va ? ».


Et c’est là que tout bascule, pourquoi ?


- L’autre va mal, il vous a confié ses peines et vous, vous êtes dans une phase super positive, tout vous réussit, vous êtes dans l’équilibre parfait, vous avez « la patate » comme on dit.

Pensez-vous vraiment que vous allez lui balancer votre bonheur dans la figure ? non, vous allez tout simplement botter en touche, lui répondant « moi ? ça va, je n’ai pas à me plaindre ! ».

Nous pensons sincèrement à ce moment là avoir épargné l’autre, lui qui se trouve (selon notre jugement) dans une souffrance extrême ! et que faisons-nous ? nous lui rétorquons un « je n’ai pas à me plaindre ! »

Et si nous analysons ce « je n’ai pas à me plaindre » que pensez-vous que l’autre ait entendu ?

Il a tout simplement reçu un coup de massue en pleine tête lui rappelant non seulement qu’il va mal mais qu’en prime il s’en plaint ! Bien entendu nous ne le faisons pas délibérément.


Et si tout simplement, à la question « et toi, comment ça va ? » nous prenions le temps de partager nos joies, de répondre avec sincérité ? non pour jeter notre bonheur en pâture, simplement pour remercier l’autre qui dans sa tristesse s’intéresse à vous, cette autre qui prend le temps de vous écouter et qui sera ravi d’entendre que tout va bien pour vous, pourquoi ? parce que votre bonheur est contagieux, parce qu’il va apporter une bouffée d’oxygène et lui permettre, le temps d’un instant d’oublier ses peines.


- L’autre va super bien, il est joyeux, c’est à lui que tout réussit et vous, vous êtes en phase descendante, pas la pêche, vous cumuler les problèmes et les mauvaises nouvelles, car c’est bien connu les déboires vont souvent par trois, vous ne l’aviez jamais constaté ?

Deux choses, soit vous lui faites comprendre à demi-mot que vous n’êtes pas au top mais que ça va aller et là vous aurez droit au « ah merde, je suis navré pour toi, dis-moi si je peux faire quelque chose ?» Mais comme vous venez de prendre son bonheur en pleine face et que vous n’avez pas envie de vous faire souffrir d’avantage, vous lui rétorquerez le fameux « ça va aller, t’inquiète ! ».


Et si vous vous autorisiez à partager votre état du moment ? après tout, il vous l’a demandé ? A la question « dis-moi si je peux faire quelque chose ? » pourquoi ne répondriez-vous pas simplement par un oui, je veux bien que tu prennes un instant pour m’écouter, parce que c’est ce que vous avez envie d’exprimer à ce moment la mais vous préférez vous convaincre que cela ne vous apportera rien de plus si ce n’est de montrer à l’autre que vous allez mal.

Et si simplement d’oser confier votre mal-être soulageait votre peine ? qui sait, peut-être aura-t-il un conseil bienveillant à vous transmettre ?


L’autre cas de figure c’est que vous vous laissiez aller à lui confier que vous n’allez pas bien et c’est là qu’il s’en ira tout aussi sec en vous disant « oh merde mon pauvre, je dois y aller mais appelle-moi, on prendra le temps d’en parler ! ».

C’est là vous vous dites « mais c’est ce que je pensais qu’on allait faire, en parler, c’est maintenant que J’ai besoin d’une écoute ! » mais à la place vous répondez « oui, pas de problèmes, on s’appelle ! » sachant pertinemment que vous ne l’appellerez pas et lui non plus.


Je pense que dans ce cas, l’autre se laisse emporter par la peur que s’éveille en lui, cette évidence que bien que tout roule pour lui et que le soleil brille, nul n‘est à l’abri de l’orage.

Et vous ? saviez-vous qu’après l’orage le soleil fini toujours par revenir ?


- L’autre va bien ou mal, vous avez pris le temps de l’écouter et vous aimeriez à votre tour lui faire part de votre état d’esprit mais c’est à ce moment là qu’il vous rétorque un « je file ! je suis à la bourre faut vraiment que j’y aille mais ça m’a fait plaisir de te revoir, on s’appelle, tu me raconteras toi comment tu vas ! ».


Alors là, il n’y a rien d’autre à faire que de sourire…


J’ai posé il y a peu cette question, le « comment ça va ? » je l’ai posée avec sincérité et la réponse était plutôt "tempêtueuse". Il m’a semblé bon sur l’instant de répondre par des mots de consolations mais... si au lieu de cela j’avais tout simplement répondu que c’était également la tempête dans ma tête, si j’avais été honnête plutôt que de répondre « moi ça va ! » peut-être et je dis bien peut-être que cela aurait été "réconfortant ?", cela aurait peut-être ouvert la porte à la discussion ?


Et si nous nous autorisions à être totalement Qui nous sommes ?


Comment je vais ?


Je suis bien, je me sens comme un funambule qui avance, pas après pas, je prends le temps d'apprécier ma vie, la vie et je me pose beaucoup de questions sur demain.

Puis je me dis que d'être ici, vivre l'instant et profiter de chaque moment est le plus merveilleux des cadeaux.

Alors oui, c'est peut-être la tempête dans ma tête, mais c'est une belle tempête, à l'image d'un orage d'été qui nous ravi par la fraîcheur qu'il apporte avec lui et je sais que le soleil sèchera en un instant toutes les larmes de peines comme de joies qu'il aura déversées sur son passage.

Je vais bien, c'est la tempête dans ma tête, mais qu'elle est jolie cette tempête...


Et vous ? comment allez-vous ?


affectueusement, Nicole




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