Etrange Epiphanie...


Pensez-vous que nous savons encore pourquoi nous célébrons l'Epiphanie et le sens qui est le sien, hormis le plaisir de savourer de délicieuses brioches ou galettes des rois ?

Un peu d'histoire nous permettra de remettre l'église au milieu du village ou devrais-je dire, la fève dans la brioche ! Je vais faire de mon mieux pour être brève...


Le 6 janvier de chaque année, nous célébrons l'Epiphanie en souvenir des Rois Mages, Melchior, Gaspar et Balthazar, vinrent honorer de leurs précieux présents l'arrivée de l'enfant Jésus. guidés par l'étoile du Berger, l'étoile de Bethléem. Oui, cette même étoile que nous représentons au sommet de nos sapins de Noël. Ne me dites pas que vous pensiez qu'on la mettait là juste pour faire joli ?!


C'est au Moyen Âge que naitra la tradition, celle du "gâteau des rois". Pour certains, l’appellation viendrait de la redevance qu’il fallait verser à son Seigneur à la même époque de l'année, redevance généralement accompagnée d'un gâteau. Ce fameux gâteau existe donc au moins depuis le XIIIe siècle, mais avec des recettes différentes selon les régions...

La couronne, quant à elle, fait honneur aux Rois Mages. La royauté divine du Christ est elle représentée par la fève, désignant sa venue encore cachée.


Partons à présent pour la Provence, région réputée pour ses Santons et ses magnifiques crèches de Noël et pour qui la tradition veut que l'enfant Jésus prenne place dans la crèche le 24 au soir, mais c'est un autre sujet dont nous parlerons peut-être en décembre. Bref, revenons-en à nos moutons ou plutôt à nos gâteaux...

Là-bas, il se déguste sous la forme d'une brioche ronde avec un trou au milieu, parfumée à la fleur d’oranger, juste un peu, recouverte de sucre perlé et décorée de fruits confits représentant les joyaux offerts par les Rois, un régal !!

La tradition veut que l’on ajoute au découpage la "part du pauvre". Cette part de gâteau sera mise de côté afin d'être offerte au nécessiteux qui viendra frapper à la porte.

C'est au plus jeune des convives, caché sous la table, que revient la tâche d'attribuer chaque part, permettant ainsi à l'équité et au jeu du hasard d'accomplir son œuvre. La fève (légume) cachée dans la brioche reviendra au roi du jour et la figurine de porcelaine est réservée à sa reine. Cette précision a son importance pour la suite de mon article, enfin, je crois...


C’est sous Louis XIV au XVIIe siècle qu'apparait la Galette des Rois feuilletée à la frangipane, cette dernière fut inspirée du Pithiviers, surnommée quelques temps "la parisienne".

Etienne Pasquier, un historien du XVIe siècle a écrit que cette fête est un héritage des saturnales, des fêtes romaines, où il était de tradition de manger un gâteau, découpé en autant de parts qu’il y avait de convives. Le plus jeune devait aller sous la table, et répondre aux questions du maître de maison sur l’année à venir. Une sorte d’horoscope improvisé, ensuite il devait dire à qui allait telle ou telle part, et celui qui avait la fève était le roi de la journée, même s’il était inférieur au maître de maison. En gros l’esclave pouvait devenir le patron pour une journée.


Bon, assez d'histoire. Si aujourd'hui me vient l'envie de vous parler de l'Epiphanie, c'est parce qu'à ma grande surprise, j'ai vu passer des publications à consonance plutôt féministe parlant de galettes ou gâteaux des Reines car "la Femme a aussi droit à son gâteau!". Pourquoi pas. Encore faut-il savoir pourquoi nous le nommons "Gâteau des Rois"... Maintenant vous le savez, n'est-ce pas Mesdames !


Vous l'aurez donc compris, qu'il soit représenté en galette ou en brioche, il tient son nom des Rois Mages et rend ainsi hommage à la naissance de l'enfant Jésus.

Et si nous rendions hommage à notre tour, simplement en respectant la tradition, en consommant les galettes et autres brioches le 6 janvier et, gourmandise oblige, en prolongeant le plaisir jusqu'à la fin du mois ? Ou encore, en offrant la part du pauvre aux nécessiteux en bas de chez soi, sans oublier de remercier les "Roi Mages" instigateurs de cette belle tradition qui, par l'intermédiaire de ces fabuleux gâteaux, nous offrent à leur tour ce cadeau, celui de nous réunir en famille et entre amis pour un moment de convivialité dans la joie et l'amour de cet instant de partage ?


Je terminerai en revenant sur ce passage: la fève pour le roi et la figurine de porcelaine pour sa reine, en m'adressant à la source d'inspiration de cet article. Mesdames, vous qui êtes si désireuses de vivre et à raison dans l'égalité des sexes et des genres, libre à vous d'offrir votre figurine de porcelaine au roi du jour et de faire de votre fève un joli pendentif. Et si simplement, vous rendiez à César, ou plutôt aux Roi Mages, leur traditionnel gâteau ? Rien ne vous interdit de créer un gâteau à l'image de la Femme que vous représentez... Une gourmandise qui honorera à merveille toutes les Femmes de coeur, de courage, de force et de générosité qui ont œuvré et œuvrent encore pour l'Humanité ! Ainsi, vous pourriez dédicacer votre gâteau à Marie, mère de Jésus, qui reste le point de départ de cette histoire sans être l'oubliée, puisque chaque Femme peuplant la Terre et l'Univers porte en elle une part de son Âmour...


Avec tout mon Âmour,

Nicole


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